Ellipse Animation, nouveau partenaire de la Cité ! Interview croisée Lila Hannou x Sabine Zipci


Ellipse Animation, filiale de Média-Participation à l’origine des séries et films d’animation européens les plus populaires dans le monde dont Les Aventures de Tintin, Garfield & Cie, et Les Schtroumpfs1, devient en 2026 officiellement partenaire de la Cité ! Nous sommes heureux de pouvoir nouer ce partenariat soutenant financièrement et opérationnellement le Centre de compagnonnage.

En quoi la stratégie de développement d’Ellipse Animation s’aligne-t-elle avec la mission de la Cité ? Dans quel contexte ce partenariat est-il né, et quelles actions sont prévues ?

Pourquoi avez-vous décidé de devenir partenaire de la Cité ?

Lila Hannou : Ce partenariat est totalement aligné avec la dynamique qui nous anime depuis déjà plusieurs années : une ambition renforcée d’ouverture, d’innovation et de diversité

Chez Ellipse Animation, comme au sein de Média‑Participations, nous sommes convaincus que la création est un écosystème vivant. Pour continuer à raconter des histoires fortes, universelles et authentiques, nous devons sans cesse renouveler les talents, les points de vue et les méthodes de travail.  

Pour nous, s’associer à la Cité, c’est investir dans la relève, en accompagnant des auteurs et autrices à un moment-clé de leur parcours et favoriser des formes d’écriture plus audacieuses. 

Comment est né ce partenariat entre Ellipse Animation et la Cité européenne des scénaristes ?  

Sabine Zipci : Ellipse Animation, et plus largement Média-Participations, est un vrai poids lourd de l’animation, aussi bien en France que sur la scène internationale. En tant qu’éditeur, le groupe détient un vivier de succès qui ont déjà été ou qui seront bientôt adaptés en séries. C’est exactement le genre d’opportunités que nos scénaristes en herbe pourront saisir grâce au Centre de compagnonnage, en travaillant sur les œuvres portées par le groupe

Certains de nos scénaristes-apprenants ont déjà intégré des projets portés par Ellipse Animation, comme Trotro et Zaza par exemple. 

Un lien existait donc déjà, mais ce sont des rencontres récentes et des valeurs communes autour de l’accompagnement des jeunes talents qui ont permis de concrétiser ce nouveau partenariat. 

Pour vous, quelle est la force d’un dispositif comme le Centre de compagnonnage ?  

Lila Hannou :  La force d’un dispositif comme le Centre de compagnonnage réside dans sa capacité à conjuguer exigence, transmission et expérimentation. Il s’agit d’un lieu rare où les talents émergents ne sont pas simplement accompagnés, mais véritablement mis en situation de création, dans un cadre à la fois structurant et stimulant. 

Ce qui fait sa singularité tient d’abord au temps qu’il offre. Dans une industrie souvent soumise à des rythmes de production soutenus, pouvoir prendre le temps de chercher, de douter, d’explorer et d’affiner une écriture constitue un luxe essentiel. À cela s’ajoute la richesse du dialogue, qui permet aux auteurs de confronter leur travail à des professionnels expérimentés, mais aussi à d’autres formats et sensibilités, nourrissant ainsi une évolution en profondeur de leur écriture. 

Enfin, la dimension de mise en réseau est fondamentale. Au-delà de l’apprentissage, ce dispositif agit comme un véritable tremplin vers l’industrie, en facilitant les rencontres et en amorçant des collaborations concrètes. 

Aujourd’hui, quelle place l’animation occupe-t-elle au sein du Centre de compagnonnage ?   

Sabine Zipci : Le Centre de compagnonnage intègre l’animation tout autant que la fiction en prise de vue réelle dans le parcours de formation. Que ce soit à travers la phase théorique, avec une approche de l’écosystème et un cours dédié à la bible de série d’animation, que via les ateliers où les apprenants développent en groupe des séries animées auprès de France Télévisions ou encore le compagnonnage avec l’immersion professionnel d’apprenant au sein de série d’animation. N’oublions pas que le secteur de l’animation est celui qui recrute aussi le plus de scénaristes juniors, et l’insertion de nos Alumni en est la preuve. Enfin la force collective des projets d’animation sont à l’image de que l’on défend à la Cité, à savoir l’écriture collaborative. 

En tant que leader européen dans l’animation, quelles compétences et quels types d’écriture recherchez-vous chez les scénaristes émergents aujourd’hui ?  

Lila Hannou :  Aujourd’hui, nous recherchons avant tout des voix singulières capables de porter des récits forts dans un contexte profondément international et en constante mutation. Nous accordons une importance particulière à l’exigence narrative, et valorisons une véritable capacité à proposer des univers originaux, à la fois ancrés dans une sensibilité propre et ouverts sur le monde, ainsi qu’une certaine audace dans les thèmes et les points de vue.

Certaines compétences deviennent aujourd’hui essentielles. La maîtrise de différents formats, qu’ils soient sériels ou unitaires, est primordiale : il s’agit de savoir développer des arches longues ou très courtes, penser en saison, tout en étant capable de raconter des histoires complètes et autonomes, et de créer de l’attachement dans la durée. L’intelligence collaborative est également au cœur de nos attentes : savoir écrire en équipe, écouter, intégrer des retours tout en préservant une vision forte est une qualité déterminante à nos yeux. À cela s’ajoute une conscience des publics internationaux, indispensable dans notre écosystème, mais qui ne doit jamais se faire au détriment d’une singularité culturelle affirmée. 

Enfin, nous sommes particulièrement attentifs à des profils qui conjuguent exigence d’écriture, curiosité et sens du dialogue. Car au-delà des compétences techniques, ce sont de véritables partenaires de création que nous recherchons : des talents capables de s’inscrire dans une dynamique collective tout en apportant une proposition artistique forte, ce supplément d’âme qui fait toute la différence. 

Quelles actions sont prévues dans le cadre du partenariat ? 

Sabine Zipci : Cette nouvelle collaboration avec Ellipse animation et plus largement avec Média-Participations, au-delà d’un précieux soutien financier, sera l’occasion d’être en lien plus direct avec le groupe, ses besoins, et ses projets en cours de développement.  

A ce titre l’un des apprenants de la promotion Ile-de-France 2026 est actuellement en compagnonnage avec la scénariste Alice Giordan, sur le projet d’adaptation en série animée de la bande dessinée à succès de Kid Toussaint et Miss Prickly, Animal Jack, publiée chez Dupuis ; une comédie d’aventure destinée aux 5-8 ans de 52 épisodes de 11 minutes pour TFOU, case jeunesse du groupe TF1.  

Enfin, l’implication des équipes de la société dans le dispositif (comité de sélection, jury, rencontres professionnelles, etc.), ainsi que l’organisation de visites des studios, ouvrent de belles perspectives pour les mois à venir.

À lire également – Entretien avec Diane Roblin et Quentin Nozet, qui ont écrit sur Trotro et Zaza, produite par Ellipse Animation : https://cite-europeenne-des-scenaristes.com/interview-avec-diane-roblin-quentin-nozet/

Lila Hannou est directrice des développements et de la stratégie chez Ellipse Animation (Media-Participations).

Sabine Zipci

Sabine Zipci est responsable du Centre de compagnonnage à la Cité européenne des scénaristes.


  1. Source : https://www.ellipseanimation.com/fr/a-propos/ ↩︎

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